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Petit éloge de Montréal

Avant de débuter ce billet, je tiens à souligner l’intérêt d’une démarche de quatre semaines pour tenter de mieux comprendre la question du commun et vous présenter la première conférence du colloque. Intérêt renforcé par la chance que j’ai de maîtriser deux langages, chacun permettant de mieux décrire certaines nuances de la question, et me permettant d’honorer le public montréalais et sa bilinguité. Je tâcherai d’utiliser le français autant que l’anglais dans les billets à venir.

Ce colloque sur la sphère publique débutera par une invitation, voire une injonction à réinventer ce que l’on entend par “commun”. Sur ce sujet Santiago Zabala et Pierre Dardot serons les invités.

Outre l’intérêt de la question en elle même – devons-nous vraiment réinventer le commun?, ne pourrions-nous pas trouver une réponse dans son histoire?, pourquoi poser la démarche comme condition sine qua none de la tenue même du colloque ? – la question qui m’intéresse aujourd’hui est la suivante: pourquoi deux philosophes européens choisissent-ils Montréal pour réfléchir au sens du “commun”?

Montréal a une histoire unique par rapport à toutes les villes que j’ai pu fréquenter. L’identité québécoise a longtemps été définie par une double négation: “Ni Français, ni Américains. Spécifiquement Québécois”. Cette formulation n’est pas péjorative, bien au contraire! Elle rend compte du fourmillement d’une ville et d’une région en quête d’identité. Montréal a la chance d’appartenir à une région qui peut s’identifier comme elle le souhaite et qui n’a pas encore fini sa recherche. Alors, tout est bon à prendre! Montréal est un exemple en termes d’ouverture d’esprit, de politique d’immigration réussie, de douceur de vivre. Montréal est un petit échantillon du reste du monde, où toutes les communautés se mélangent. Le Plateau, par exemple, est devenu le quartier français et étudiant par excellence après avoir accueilli les communautés portugaises et chiliennes. Et toutes ces communautés semlent bien s’entendre, loin de pratiques sectaires. Une ville où les rapports culturels sont nombreux donc. Une ville où les communautés ne se haïssent pas. Une ville où chacun reconnaît la valeur du multiculturalisme.

Il n’y a rien d’absurde alors à “repenser le commun” à Montréal, qui aspire peut-être vers une autre forme de “commun-auté”, plus en phase avec la mondialisation, le mouvement de populations et avec la multiplicité des identités, plus harmonieuse que ce que nous voyons en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie.